Aldor

Les trophées Aldor, du nom de l’harmoniciste Aldor Morin (1921-1998) sont remis cette année aux artistes  Réjean Simard et Normand Legault pour leur rôle de passeurs de patrimoine vivant. Normand Legault est reconnu au pays et à l’étranger comme danseur, professeur, ethnologue en danse, gigueur et calleur. Réjean Simard est accordéoniste et facteur d’accordéon.

La remise du trophée aura lieu le jeudi 8 mai, lors de l’ouverture du Festival La Grande Rencontre, au théâtre du Gesù, à Montréal, entre 17h00 et 20h00 au moment de l’apéro sympathique. Toutes nos félicitations aux récipiendaires 2014 !

 

Normand Legault

Engagé dans le milieu de la danse et de la musique traditionnelle québécoise depuis plus de trente ans, Normand se démarque comme chercheur, professeur, gigueur, chorégraphe, animateur et comme « calleur de veillée » où il dirige les danses d’une main de maître. Il se produit avec de nombreux ensembles musicaux sur la scène professionnelle à l’occasion de concerts, de fêtes populaires, de festivals, de veillées de danses traditionnelles et de stages de formation. Il s’implique également au développement de nombreux organismes en patrimoine culturel au Québec et participe à plusieurs productions dans le domaine de l’édition et du disque. Médaillé de bronze dans la catégorie Danses traditionnelles aux IIIe Jeux de la francophonie de 1997, à Madagascar, il parcourt le Québec, le Canada, les États-Unis et l’Europe en battant de la semelle avec ce style unique qui a fait de lui l’un des danseurs traditionnels les plus respectés de sa génération.

(Normand Legault au call, lors d’une Veillée du Plateau, avec les musiciens: Réjean Brunet à l’accordéon, André Brunet au violon et Benoit Legault au piano)

 

Réjean Simard
Né à St-Joseph d’Alma en 1954 d’une famille de sept enfants. Son père Rosaire, qui travaillait pour Hydro-Québec en 1959-60, quitte Jonquière en 1965 avec sa famille pour déménager à Baie-Comeau pour travailler aux grands projet d’Hydro-Québec.
Rosaire est un accordéoniste lui aussi. Il avait un groupe qui s’appelait «L’Écho des chantiers» dans le temps de la guerre. À cette époque, il travaillait dans le bois pour la compagnie Price. Il faisait une émission sur CBJ Chicoutimi qui s’appelait l’Écho des chantiers. On entendait un arbre tomber et le thème commençait. Il s’agissait du Reel du lac Gamelin, composition originale de monsieur Simard. Réjean a appris cette pièce de son père. Elle fut éditée en plusieurs copies sur disques en carton destinés à être envoyés outremer.  Le groupe était composé de cousins et d’amis entre autres Willy Bouchard, Lorenzo Bouchard. Willy, un grand ami de son père, côtoyait Gérard Lajoie, accordéoniste de Québec.
Réjean Simard, a commencé l’apprentissage de l’accordéon avec son père qui jouait tous les dimanches. À ce qu’on dit, il en jouait déjà à l’âge de trois ans. L’accordéon lui est bel et bien tombé dessus, au propre comme au figuré.
Dans les années cinquante, il suivait son père qui le faisait jouer dans les veillées de danse. Lors du grand courant des orchestres pop dans les années soixante, il a commencé à jouer de l’orgue, de la guitare, du clavier dans des bands de garage. C’est ainsi qu’il a appris à l’oreille, par la pratique, car la famille n’a jamais eu les moyens de lui payer des cours de musique.
Pendant ce temps son intérêt pour le folklore n’a jamais cessé. Dans les années soixante, il découvre les long-jeux de Philippe Bruneau et Jean Carignan (London MB32) (Legacy 120). Les passages de Philippe Bruneau à l’émission «À la canadienne» le motive à reprendre son accordéon. À partir des années ‘70, il se met à parcourir les festivals comme folkloriste. Il rencontre Philippe Bruneau, Marcel Messervier et tous les autres. Cela le mène à Montmagny, à faire des tournées avec d’autres musiciens et à approndir son répertoire. Il se fait fabriquer des mélodéons Cajun et Messervier qui lui permettent de perfectionner son style.
Maintenant, reconnu par ses pairs, il ne vit que de la musique. Musicien polyvalent, il joue de la guitare, de la batterie, de la basse. Il aborde toutes sortes de genre allant du blues au clavier d’un orgue B3, à la cha-cha, au tango à la valse. Il a tout joué dans les piano-bars, à Québec, en province. Il s’agit là d’un gagne pain car son véritable intérêt demeure la musique traditionnelle.
Il produit des spectacles à Baie-Comeau, il possède un studio d’enregistrement et fabrique des mélodéons, donne des cours et des ateliers. Peu à peu se constitue autour de lui un véritable école d’accordéon dans une région où il y en avait peu et où la musique traditionnelle même était délaissée au profit d’autres styles. Il tente d’apporter dans sa région une plus haute connaissance de la musique traditionnelle, d’y faire découvrir les meilleurs musiciens et un répertoire de plus haute qualité au  niveau de la danse et du concert.
Il a endisqué quelques albums où on retrouve plusieurs de ses compositions. (transcription faite à partir d’un interview par Jean-Claude Bélanger)